Archives de Catégorie: De 4 à 6 ans

À votre libre interprétation…

Ma fille n’étant pas un sujet scientifique, aujourd’hui je me retiens de toute analyse sur ces petites phrases prononcées un jour ou un autre. Pour moi ce sont tout simplement des perles que je veux garder par écrit…

« demain, demain, demain, j’en ai marre tous les jours c’est demain! »

on joue aux cartes à la bataille « là je gagne parce que la glace est plus forte que le roi »

La voisine  » a donde vas, al cole? » « …… » y cuantos añitos tienes? « …… »
Je luis dis « Iloane tu dois répondre, c’est la voisine on la connait, pourquoi tu ne lui as pas parlé? »
Iloane:  » mais c’est parce que j’avais plus de pile ! »

« maman je peux mettre un pantalon à manches courtes? »

« qu’est-ce qui s’est-il passé? » « qu’est-ce qui se passe-t-il? »  » qu’est-ce que tu en penses-tu? »

à la télé « Bien, victoria, victoria, ha ganado! »  « Papa…ayer y hoy ha ganado Victoria…el mismo! »

on croise le voisin et son chien, je dis « c’est un berger allemand »  » ah bon et il parle quoi? »

on s’amuse sur le trottoir je dis « saute… jump…,  en allemand et en italien je ne sais pas comment on dit saute », Iloane: « en italien c’est jumpina »

« je t’aime fort »  « moi je t’aime encore plus, tu sais combien je te veux? je te veux 50-20! »

« tout le monde assisez-vous »

etc.etc. moi qui aime les mots, elle me les fait aimer encore plus…!

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La fabrique à mots

À 5 ans Iloane est championne dans l’art de fabriquer des mots. C’est typique de tous les enfants qu’ils soient bi, tri ou unilingues. Souvent le mot vient d’un mot qu’elle connait déjà, au début dans une des 2 langues, puis très vite je m’aperçois qu’elle puise en général dans les mots de la langue cible. Par exemple le portable devient le « playmobil« , le marsupilami un « marsupyramide » et la boulangerie une « boujoli« . On range les jouets dans le « rangeoir« , on fait du « dessinage » et du « décorage« , une « googlefière » vole dans le ciel, celle qui aide est une « taidante » , le serveur « servise » et le travail d’une secrétaire est bien sûr de « dire des secrets« …
Être bilingue c’est aussi être 2 fois unilingue.
Comme tous les enfants français Iloane a « apprendu« , a « pouvu« , et « avait été y allé » 🙂 et comme tous les enfants espagnols « haciba« , « poniba » et « no cabo« …
Les enfants sont si logiques. Pourquoi les adultes ont-ils tout compliqué ?… 😉

Traduction et faux amis

Entre 4 et 5 ans le langage d’Iloane se développe comme celui de tous les enfants de son âge. Chaque jour elle apprend de nouveaux mots, en général elle les apprend d’abord dans une de ses 2 langues selon le lieu, le contexte et les personnes qui l’entourent. Quand elle connaît le mot dans une langue, elle l’utilise évidemment puis vient le moment où elle a besoin de ce mot dans l’autre langue. C’est souvent à ce moment là qu’elle met en place sa propre stratégie de traduction qui rendrait jaloux plus d’un dictionnaire! Les « traductions » que je relève sont en général des mots espagnols directement adaptés au français, c’est à dire des calques avec l’ajout de la marque grammaticale du français (et c’est ce qui m’épate toujours !). Par exemple quand il y a des travaux dans la rue qui nous gênent « oh mais c’est quand qu’ils vont arrégler tout ça » ou celui-là il peut pas caber  » (prononcé cabé, elle fait du verbe espagnol un verbe français) Je remarque que de plus en plus ça lui arrive pour des mots dont la traduction est ambigue ou des mots qui parfois n’ont pas de traduction directe (caber, que toca…). Au début elle faisait ça pour beaucoup de nouveaux mots, aujourd’hui elle affine vraiment son vocabulaire et cherche une solution dans les mots qu’elle connait avant d’en inventer un autre…
L’autre manière de traduire qu’Iloane a trouvée est aussi logique mais beaucoup plus difficile à corriger… Elle utilise le mot français qui correspond à un mot espagnol quand un mot espagnol a plusieurs traductions en français. Difficile à expliquer et les exemples ne seront pas faciles à comprendre pour ceux qui ne comprennent pas l’espagnol 😦 .
Par exemple en espagnol le mot « pintar » signifie peindre, colorier ou maquiller… alors Iloane me dit « maman je vais te coiffer et te dessiner les yeux ».
Ou encore plus mignon par ce que ça dégage en français quand elle me dit « maman je te veux beaucoup » car en espagnol « quiero » c’est « je veux » mais « te quiero » c’est « je t’aime »…
Et son « je me suis amourée de Cristian » me montre combien sa perception linguistique des mots va bien au delà de ce que certains avaient imaginé…

Je remarque ces « traductions » de l’espagnol au français plus que du français à l’espagnol, d’une part car Iloane me parle toujours en français et il est donc difficile pour moi de relever des mots ou des expressions en espagnol (soit je ne suis pas là, soit j’avoue je n’écoute pas attentivement…) et d’autre part, le vocabulaire se développe notamment grâce à l’école qui dans notre cas est en espagnol et donc elle fait beaucoup plus de traductions dans le sens espagnol-français. D’ailleurs au sujet de l’apprentissage du vocabulaire je dois (malheureusement ) remercier la télé et tous ces dessins animés (en français en général et parfois anglais) grâce auxquels, il faut l’avouer, Iloane découvre un vocabulaire varié et riche(si si!).